I comme inondation

Nous sommes toutes les deux originaires du Tarn-et-Garonne, nous comptons beaucoup d’ancêtres dans cette région. Une partie de nos aïeux ont vécu les inondations de 1930…


C’est dans la nuit du 2 au 3 mars 1930 que les Montalbanais et autres riverains du Tarn vécurent une nuit cauchemardesque. La commune de Moissac fut la plus touchée. Les dégâts furent autant humains que matériels.

Des centaines de morts, des milliers de maisons détruites, des voies ferrées, des kilomètres de routes endommagés ou en totalité détruites…

Ces inondations ont été les plus meurtrières et destructrices que le Tarn ait connu jusqu’alors. Elles ont par ailleurs amené à une journée de deuil national le 09 mars 1930.

A Montauban : 

L’eau a atteint 11m45, à savoir 1 m en dessous des crues de 1766 et 1772, jamais alors égalées et niveau qu’elle n’a fort heureusement plus jamais atteint malgré les trop nombreuses autres crues qui lui ont précédé. Ce sont les quartiers de “la basse ville” qui ont été impactés : Sapiac, Villebourbon et celui des Albarèdes.

Les Montalbanais ont vécu cette nuit-là un véritable cauchemar, nombreux s’étaient réfugiés sur les toits de leurs maisons. Ils ont vu des animaux morts, des meubles, des charrettes… flotter car emportés par les eaux du Tarn

Le drame à commencé réellement le 1er mars où le Tarn avait déjà atteint 1,70m à midi. 6 heures plus tard, son niveau était de 2,10m au-dessus de l’étiage. Le lendemain matin à 6h on comptait 2,85m , 4,10m à 12h et 5,15m à 16h. A 19h le Tarn est à 6m et on calcule sa montée à 40 centimètres par heure. A minuit le Tarn est à 8,10m. Les habitants qui ont été surpris par la montée des eaux et dont le désastre dépassait largement leur imagination, criaient d’effroi et de peur ne sachant comment ils allaient pouvoir sortir vivant de cette tragédie alors que sous leur yeux leurs maisons s’écroulaient les unes après les autres. 

Le lundi 3 au matin, les habitants de la ville haute épargnés par cette tragédie portent, comme ils le peuvent, secours aux sinistrés qui se réveillent dans la stupeur. Dans la matinée la crue est à 10m et à 11,50m vers 18h. Dans la ville haute les Montalbanais qui ont tout perdu déambulent dans les rues, mouillés, certains pratiquement nus, désespérés d’avoir perdu, pour certains, leur proches et pour tous leurs biens.

Adolphe Poult, industriel montalbanais âgé de 34 ans n’écoutant que son courage sauva avec sa barque de nombreuses familles (on dit une centaine mais peut-être plus) en bravant les eaux du Tarn. Il porte secours partout où il le peut. 

En cette fin de journée du lundi en allant sauver un homme, sa barque chavire et Adolphe se prend les pieds dans des remous qui lui bloquent tout mouvement, il coule à pic, pourtant bon nageur il trouvera la mort héroïquement. Son corps sera retrouvé le lendemain, la Croix de la légion d’honneur lui sera remise à titre posthume. Aujourd’hui , une partie des quais porte son nom “Quais Adolphe Poult” et un buste le représentant est sur une petite place à l’entrée de ces quais.

Montauban et Moissac comptent le plus de dégâts matériels et humains, cependant de nombreux villages dans la vallée du Tarn furent également touchés tels que Gandalou, Fleury ou encore Meauzac.

Malgré 18 maisons emportées et 1600 hectares de terres inondées, Castelsarrasin fut moins touchée que certaines villes et villages alentour par les inondations de 1930.

Le courage de Adolphe POULT de Montauban est relayé par 3 jeunes Castelsarrasinois ne sachant pas nager. Albert FAURE, Gustave DARNIS et Julien LOECK se missionnent afin d’aider les sinistrés aux alentours de Castel. 

Dans la nuit du 3 au 4 mars, ils ont sauvé 7 personnes à Fleury (commune de Castelsarrasin) et leur exploit ne s’arrête pas là ! 

Le 4 mars, ils viennent en aide à 27 personnes à Gandalou (commune de Castelsarrasin). L’entraide et les sauveteurs se multiplient : durant cette journée et dans le creux de leur barque, les 3 jeunes hommes ravitaillent également les habitants entourés par les eaux. 

Gratien ALGYRES, Henri DELZERS et son fils Michel sauvent également 23 personnes à Courbiet, 2 personnes à Gandalou et 10 personnes à Meauzac. Dans cette dernière commune, le courant est fort et les passages dangereux. 

Le 5 mars, Gustave DARNIS accompagné de LAMARQUE et RENAUD, de Castelferrus, continuent le sauvetage à Gandalou. 

En parallèle, une autre solidarité se déploie : Jean MARTY, son fils Pierre et son petit-fils Henri, famille sinistrée, sauvent 21 personnes à Castelsarrasin, quartier Rouby. Jean MARTY, batelier âgé de 85 ans, navigue le bateau de sauvetage. 

Sources :

  • Bichambis, P. (1930), Inondations du midi en mars 1930 : les paisibles rivières devenues torrents de ruine et de mort. Les deuils, les ruines, les héros

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Deux jeunes femmes, l'une dans le sud-ouest l'autre dans le sud-est de la France, avec une passion commune : la généalogie ! Le nez dans les archives et les anciens journaux ! Sans oublier la tête plongée dans les livres d'Histoire en tout genre ! Curieuses et Sherlock sur les bords, nous voilà parties depuis quelques années sur l'histoire de nos ancêtres...

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Cet article a été écrit par Alexandra & Célia
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Par : DanielleDMD | Le 10 novembre 2021 à 14h58

Douloureux épisode pour tous ces riverains et leurs familles !
Ce désastre a épargné mes aïeux.
Bel article, comme les précédents d’ailleurs où je n’ai pas laissé de commentaires… merci

Par : Alexandra | Le 10 novembre 2021 à 15h26

Bonjour Danielle,

Merci beaucoup pour votre message et de nous lire tous les jours.
A très vite,
Alexandra

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