P comme Peine de mort

La peine de mort à Montauban !

1981- 2021, 40 ans que la peine de mort fut abolie en France. 

Le 17 septembre 1981, Robert Badinter alors garde des Sceaux prononçait un discours resté célèbre à l’Assemblée nationale pour demander l’abolition de la peine de mort en France. La loi sera votée le lendemain par les députés puis adoptée 12 jours plus tard par le Sénat et promulguée le 9 octobre. Infatigable pourfendeur de la peine capitale, le ministre de la Justice parvenait à faire passer un texte majeur de la République. Un chemin long de 190 ans.

A Montauban, au total, nous avons eu quatre guillotinés :

On utilisa la guillotine pour la première fois à Montauban le 11 mai 1793 et ce fut Jean Cladel, l’arrière grand-père du célèbre écrivain montalbanais Léon Cladel, qui fut guillotiné pour avoir manifesté contre la conscription. Il était royaliste, il monta à l’échafaud en criant « Vive le roi !»…

Le second guillotiné fut Jean-Alexandre Hébrard, guillotiné le 6 janvier 1910. Jean-Alexandre Hébrard 37 ans, marchand de jouets. Passa 4 ans à Clairvaux pour avoir étranglé une prostituée de Perpignan. Le 20 mai 1909, à la foire de Montpezat, enlève, il  viole et étrangle la petite Marie Lacam, 6 ans. Une fois la sentence prononcée, en prison il est réveillé à 6h35. Au bruit de la porte, il se soulève sur son lit, et se frotte les yeux. En apprenant le rejet de sa grâce, il proteste de son innocence avant de s’habiller. A son avocat, Me Besse, il prie de s’occuper de son fils de 11 ans et de « l’arracher aux mauvais conseils de sa belle-mère. » Le Mécréant, accepte malgré tout d’entendre la messe. La toilette est  rapide, il  arrive place Montauriol, à 500 mètres de la prison, la foule dense : un photographe sur un toit est prié de ranger son appareil sans attendre. Devant la bascule, l’aumônier embrasse le condamné avant de …..

Le troisième guillotiné de Montauban fut Félix Blanquefort, guillotiné le 3 juin 1927. Félix Blanquefort 35 ans, cultivateur. Le 11 mars 1926, à Montpezat-de-Quercy, il tue à coups de revolver les époux Dejean pour leur voler 15.000 francs, sous les yeux de leur fils de cinq ans. Après que la sentence capitale fut prononcée, il fut réveillé à 3h55. « Eh bien », répond-il au procureur, visiblement très ému. Le juge d’instruction Molinié lui demande s’il a une dernière déclaration : « Il y a eu simulacre de crime. » Il refuse la cigarette, mais accepte une tasse de café arrosée de rhum et demande à entendre la messe et à se confesser. Office dans le parloir des avocats, chapelle improvisée pour l’occasion, en compagnie de l’abbé Pons. Au greffe, confié aux exécuteurs, il se plaint : « Vous me faites mal ! Ne tirez pas si fort ! » Place Montauriol, s’avance vers la guillotine sans opposer la moindre résistance et….

Enfin le dernier guillotiné de Montauban fut Henri Martin, guillotiné le 15 juin 1936 à 4h40. Henri Martin, cordonnier de 29 ans devenait le dernier condamné à avoir été guillotiné à Montauban. Durant un cambriolage à Castelsarrasin le 09 décembre 1935, il blessait de deux balles de revolver Mme Jeanne Aubry, domestique, qui venait de le surprendre et appelait à l’aide, puis tuait de deux balles dans la tête la maîtresse de maison, Mme veuve Olympe Tougne, bijoutière, 71 ans, et s’enfuyait à bicyclette sans rien emporter, non sans tirer sur les passants, mais n’en touchant aucun. Après que la sentence fut prononcée, quand on vient le prendre il ne dort pas à 4h10 car réveillé plus tôt dans la nuit par les aboiements d’un chien, il avait eu le pressentiment de sa fin imminente. En avait profité pour écrire à sa mère et à sa maîtresse. Au procureur, annonce : « Je suis prêt. » Refuse rhum et cigarette : « Je n’ai pas peur, je n’en ai pas besoin. Je craindrais au contraire que cela me tourne le cœur. » Accepte de se confesser, mais pas d’entendre la messe. Toilette sans histoire. Il se  jette presque sur la bascule….

A l’exception de Jean Cladel qui fut guillotiné Place Nationale à Montauban (car à cette époque la ville dépendait administrativement de Cahors ) les trois autres guillotinés de Montauban furent guillotinés place Montauriol, c’est-à-dire au début de la rue du Moustier, car la guillotine ( aussi appelée « Les bois de justice » ou « La trancheuse » ou encore en argot « L’abbaye de mont’argret » ) était livrée à la prison qui était juste à côté.

Pour effectuer cette tâche, ce fut les membres de la famille Deibler, bourreaux officiels et exécuteurs public qui venaient à Montauban à chaque fois. Anatole Joseph François Deibler (né le 29 novembre 1863 à Rennes et mort le 2 février 1939 à Paris) est le bourreau français qui officiait à cette époque. Il a succédé directement à son père au poste d’exécuteur en chef, poste qu’il occupa 40 ans durant. Sur une carrière de 54 ans, il a  participé à l’exécution de 395 personnes dont 299 en tant qu’exécuteur en chef. Il est considéré comme l’un des plus célèbres bourreaux français pour plusieurs raisons. Il exerça à une époque où les exécutions étaient publiques et où les médias friands de sensationnalisme et s’équipant de photographes et de caméras firent de lui une sorte de célébrité. Il représentait une forme d’institution anachronique, transposant le rituel médiéval du bourreau dans un monde plus moderne où règnent les automobiles, la technologie et les médias de masse.

Je remercie ici vivement mon ami Grégory Pamadou, qui avait écrit cet article pour le groupe Facebook les “Ami(e)s du vieux Montauban “, le 12 septembre 2021 et qui m’a donné son autorisation pour le partager ici car je le trouvais très intéressant.


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Deux jeunes femmes, l'une dans le sud-ouest l'autre dans le sud-est de la France, avec une passion commune : la généalogie ! Le nez dans les archives et les anciens journaux ! Sans oublier la tête plongée dans les livres d'Histoire en tout genre ! Curieuses et Sherlock sur les bords, nous voilà parties depuis quelques années sur l'histoire de nos ancêtres...

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Cet article a été écrit par Alexandra

"Telle est la génération des générations: une génération s'en va, une autre génération vient. Il en est des hommes comme des feuilles d'un arbre, feuilles de l'olivier, du laurier, ou de tout arbre qui conserve toujours son manteau de verdure. Ainsi la terre porte les hommes, comme un de ces arbres porte des feuilles; elle est couverte d'hommes dont les uns meurent, dont les autres naissent pour leur succéder. L'arbre a toujours sa robe éclatante de verdure; mais vois au-dessous combien de feuilles sèches tu foules aux pieds."
Saint-Augustin, Psaume 101

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Par : Matie | Le 18 novembre 2021 à 21h15

La place où était installée la guillotine s’appelait jusqu’en janvier 1986 Place des Exécutions ( ou Place du Mouistier). Elle est devenue ensuite Place de Monseigneur Théas.
J’avais entendu dire que les dernières exécutions avaient eu lieu dans la prison Beausoleil pour éviter les badauds…

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